ECUREY en VERDUNOIS
"Du haut du clocher"

A - Ils ont été curés d'Ecurey
(source Pouillé du diocèse de Verdun -1910)
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Abbé Louis HENNEQUIN , vers 1520, doyen rural, mort en 1525.
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Abbé Didier RAULIN , en 1525, mort en 1540.
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Abbé Jean LEOPARD, en 1540, mort en 1562.
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Abbé François LANGLOIS, en 1562, mort en 1589.
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Abbé Nicolas TASSIGNY, en 1590, mort en 1634.
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Abbé Sébastien JEANNOT, en 1634, mort le 18 octobre 1674 « inhumé dans le chœur de l’église, du côté de l’Evangile, curé pendant 40 ans et plus. »
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Abbé Jean DIEPPE, en octobre 1674, mort le 25 juin 1719.
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Abbé Nicolas JOLY, d'abord vicaire en 1710, puis curé de 1719 à décembre 1726, mort en 1754.
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Abbé Pierre ROUYER, de 1727, mort le 27 mai 1758, agé de 63 ans, inhumé dans le choeur de du coté de l'Evangile.
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Abbé Jean MENUISIER de juin 1758 à sa mort le 18 février 1761.
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Abbé Nicolas GILLANT de 1761 à 1781 puis curé de Pillon.
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Abbé Pierre-Hippolyte CHOLET, né à Damvillers, d'abord vicaire puis curé de juin 1781 à aout 1782. Devenu ensuite chanoine de Montfaucon, il meurt en déportation le 13 juillet 1794 (sans doute prêtre réfractaire).
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Abbé Ponce GARREZ, administrateur de la paroisse en 1782 puis curé de 1783 à 1793. Il prêta serment de "Liberté-Egalité" le 27 novembre 1792 et abdiqua ses fonctions en 1793. En 1793, le conseil général de la commune requiert Jean ROBERT, curé de Lissey pour dire la messe à Ecurey les dimanches et fêtes.
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Abbé François CHAPIRON de 1801 à 1814 (cf & C)
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Abbé Henri BIGOT de 1814 à sa mort en 1816.
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Abbé Charles MARTIN de 1816 à sa mort en 1821.
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Abbé Maurice PHILIPPE de 1821 à 1825.
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Abbé Robert MARTINET de 1825 à 1845.
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Abbé Jean-Nicolas HUET de 1845 à 1847.
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Abbé Charles TUMEREL de 1848 à 1854. Malade il est secondé par un prêtre natif d'Ecurey,
l'abbé Pierre FALLET, qui sera vicaire de 1852 à 1858.
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Abbé Pierre-Henri FRESNOIS 1856 à 1857.
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Abbé Louis GEORGE de 1857 à 1861.
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Abbé Charles-François SIMONIN de 1862 à 1876 (cf & D ci dessous)
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Abbé Charles-François BRACONNOT de 1876 à 1884.
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Abbé Jean-Baptiste JAMIN de 1884 à 1896.
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Abbé Paul GIRON de 1896 à 1919 (?).
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Abbé Marie-Alfred-Gabriel SIMON de 1919 à 1931(cf & E ci-dessous)
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Abbé CHABOT de 1931 à 1954
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Abbé WAUTIER de 1964 à 1961
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Abbé Jacques GARNIER de 1961 à 1962
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Abbé BESNARD de 1962 à 1964 (curé de Bréhéville)
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Abbé Joseph NOE de 1964 à 1977 (?)
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Abbé Etienne LEOUTRE de 1977 à 2006 (curé de Damvillers)
B - Prêtres natifs d'Ecurey, partis pour annoncer l'Evangile
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Pierre FALLET, né en 1727, ordonné en 1752, mort en 1795. Vicaire à Ecurey de 1752 à 1758 puis curé de Pillon. Pendant la révolution, on le trouve à Ecurey. Il prête serment à la constitution civile du clergé le 30 novembre 1793.
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Martin WILLEMIN né en 1753, ordonné en 1775, mort en 1821. On le trouve également à Ecurey pendant la révolution.
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François CHAPIRON, né en 1760, ordonné en 1785, mort en 1814.(cf & C ci-dessous)
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Jean-Baptiste TURBA, né en 1763, ordonné en 1808, mort en 1843. Ancien Prémontré, curé de Réville.
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Jean-François VIGNON, né en 1765, ordonné en 1789, mort en 1841. Missionnaire clandestin, prêtre réfractaire, sous la révolution. Archiprêtre de la cathédrale de Verdun à partir de 1823. (cf & C ci-dessous)
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François VIGNON, né en 1769, ordonné en 1796, mort en exil (sans doute prêtre réfractaire).
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Jean-François GUIOT, né en 1792, ordonné en 1816, mort en 1865. Curé de Sorbey.
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Jean-Baptiste COLSON, né en 1792, ordonné en 1823, mort en 1850 . Curé de Saint-Jean-les-Buzy.
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François TURBA, né en 1792, mort en 1866. Curé d’Eton.
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Jean-Baptiste TETU, né en 1794, ordonné en 1819, mort en 1851. Archiprêtre de Commercy.
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François RICHARD, né en 1796, ordonné en 1820, mort en 1890. Vicaire général honoraire et doyen du Chapitre.
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Jean-Baptiste LEMARCHAL, né en 1797, ordonné en 1821, mort en 1873. Curé de Thonnelle.
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Pierre-Joseph LEMAIGRE, né en 1804, ordonné en 1824, mort en 1866. Curé de Belrupt et d’Haudainville.
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Jean-Baptiste LEMARCHAL, né en 1806, ordonné en 1834, mort en 1901. Curé de Thonne le Thil et de Thonnelle.
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Jean-Baptiste TETU, né en 1813, ordonné en 1839, mort en 1896. Curé de Culey.
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Jean-Eustache CHAPIRON, né en 1814, ordonné en 1839, mort en 1896. Curé de Courouvre. Clerc régulier.
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Jean-Nicolas HERBILLON, né en 1814, ordonné en 1839, mort en 1886. Doyen de Billy les Mangiennes.
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Jean-Baptiste CHAPIRON, né en 1825, ordonné en 1849, mort en 1899. Religieux jésuite mort à Saint Acheul près d’Amiens.
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Nicolas Théodule RICHARD né en 1833, ordonné en 1856, mort en 1891. Curé de Jametz et de Dombras.
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Benjamin AUBRY, né en 1834, ordonné en 1863. Missionnaire mariste en Océanie.
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Jules-François LEMARCHAL, né en 1836, ordonné en 1861, mort en 1913.
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Camille-Victor LANDMANN, né en 1840 à Sainte Marie aux Mines, ordonné en 1865, mort en 1926. Aumônier du lycée de Bar le Duc. Chevalier de la Légion d’Honneur le 13 juin 1924.
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Augustin Eugène WAUTIER, né en 1846, ordonné en 1873, mort en 1926. Curé de Brandeville pendant 49 ans.
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Hubert Paul Emmanuel CHAPIRON, né en 1847, ordonné en 1870, mort en 1905. Curé de Sorcy.
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Adolphe GUIOT, né en 18485, ordonné en 1871.
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Charles-Emmanuel PIERRON, né en 1870, ordonné en 1896, mort en 1941. Curé de Vigneulles.
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Georges Théotime HANCE, né en 1874, ordonné en 1899, mort en 1931. Curé de Fromeréville.
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Charles Ernest Willaume, né en 1882, ordonné en 1907, mort en 1954. Curé de Saint Maurice sous les côtes.
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Charles Ignace NICOLAS, né en 1882, ordonné en 1915, mort en1967. Jésuite, professeur à Saint Clément de Metz.
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Camille JOFFIN, né en 1883, ordonné en 1907, mort en 1969. Curé de Bar le Duc. Chanoine honoraire.
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Emile CADET, né en 1896, ordonné en 1923, mort en 1983. Vicaire à Ligny. Curé de Mouilly.
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Gabriel CHAPIRON ? né en 1901, mort en 1922 à Ligny. Grand séminariste.
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Jean COLLET, né en 1910, ordonné en 1935, mort en 1990. Curé de Dieppe sous Douaumont.
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Gabriel WILLAUME, né en 1923, ordonné en 1948, mort en 1993. Curé de Woinville, Stainville et Verdun ;
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Ernest SAINT-VANNES, né en 1923, ordonné en 1948. Frère Arsène des Ecoles Chrétiennes.
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Michel SIMONIN, né en 1935, ordonné en 1962. Curé de Lacroix sur Meuse et de Dombasles.
C - Les prêtres réfractaires pendant la période révolutionnaire
La période révolutionnaire a été une période très instable et dangereuse. En France, de très nombreux prêtres en ont été victimes comme, dans la Meuse, où 90 prêtres ont payé de leur vie leur refus de la constitution civile du clergé. Par exemple il est évoqué le nom de François VIGNON, mort en exil et sur lequel il n'existe que peu de renseignements (probable parent de Jean-François VIGNON). Notons également l'abbé Pierre-Hippolyte CHOLET, natif de Damvillers et curé d'Ecurey, mort en déportation.
Beaucoup heureusement ont pu passer "entre les mailles du filet" comme, pour Ecurey en Verdunois, François CHAPIRON et Jean-François VIGNON notamment.
FRANCOIS CHAPIRON
François CHAPIRON nait le ler décembre 1760. Ordonné en 1785, il devient curé de Béthincourt. En 1791, refusant de prêter le serment constitutionnel, il doit émigrer et se rend à Liège. Il est inscrit sur la liste des émigrés à la date du 5 février 1793. Mais il revient exercer le culte clandestin vers 1800; en 1801, il exerce en cachette son ministère à Lissey et Ecurey .
Le 25 prairial an X (14 juin 1802), la municipalité d'Ecurey que préside Pierre Loret adresse une supplique à l'évêque de Nancy pour demander pour la paroisse ce prêtre "qui s'est acquis l'estime et la confiance de tous les citoyens de la commune par sa conduite édifiante et vraiment évangélique"
En 1801, l'évéche de Verdun a été supprimé et l'évêque de Nancy en a reçu la charge, ce qui explique cette supplique de la paroisse d'Ecurey.
L'abbé CHAPIRON est nommé à Ecurey le 1er germinal an X (22 mars 1803).
Il meurt le 11 février 1814.
L'abbé CHAPIRON fit deux legs à la paroisse d'Ecurey:
une maison pour qu'une soeur de la Doctrine Chrétienne de Nancy y tienne école.
une somme de 4000F dont la rente devait assurer des revenus à cette école.
Un des rares et peut être le seul prêtre originaire d'Ecurey et y ayant effectué sa charge.
JEAN-FRANCOIS VIGNON
Jean-François VIGNON fut aussi un prêtre réfractaire pourchassé pendant la révolution
En janvier 1791 fut publiée la loi obligeant les prêtres au serment constitutionnel. Gérard MANDRE curé de Damvillers et (Jean)-François VIGNON son vicaire, né en 1765 à Ecurey et ordonné prêtre en 1789, déclarèrent que ce serment était contraire aux lois de Dieu et de son Eglise et qu’ils ne pouvaient sacrifier leur conscience et s’engager sans restrictions.
Malgré une pétition des paroissiens de Damvillers suivie d’une émeute populaire, un prêtre intrus fut intronisé, soutenu par un détachement de trente dragons et la gendarmerie sur le pied de guerre.
Le curé et son vicaire furent obligés de s’exiler.
François VIGNON se rendit à Givet où il exerça quelque temps son ministère, puis gagna Namur d’où il revint clandestinement à Ecurey en 1792.
La dernière nuit de son séjour en Belgique, il ne cessa de pleurer ; le matin il dit à son curé : »J’ai la France là » en montrant sa poitrine, « je n’y tiens plus, je pars ». Il partit en effet, resta en France en se cachant jusqu’aux plus mauvais jours de la terreur et ne partit que lorsque ses jours furent menacés.
inscrit sur la 2ème liste des émigrés et menacé de déportation, il revint à Namur d’où il gagna la Westphalie.
Il ne rentra en France qu’en 1795 pour mener pendant 8 ans la vie périlleuse du missionnaire.
il avait reçu de l’autorité diocésaine en exil de Mgr DESNOS des pouvoirs très étendus.
Il était d’une haute stature, légèrement vouté, avec des yeux vif et intelligents et un air décidé, bienveillant et sympathique et il avait une endurance physique peu commune. En suivant ses traces d’après les archives, les traditions, les souvenirs, on le retrouve dans des contrées parfois très éloignées. Connaissant le pays, il marchait surtout la nuit.
Il revint souvent à la maison de ses parents à Ecurey où l’on pouvait encore récemment voir la cave voutée où il disait la Messe.
Le village était alors chef-lieu de canton et le commissaire y résidait, il fallait donc se méfier de la police.
La nuit, il célébrait la Messe en secret dans un endroit retiré, cave, cellier grenier et même dans une huilerie, où les fidèles absolument sûrs étaient invités.
Il était secrètement renseigné sur les villages où il trouverait des amis pour le recevoir et y passait rarement deux nuits de suite.
il avait choisi pour son apostolat les paroisses les plus délaissées, les plus dangereuses ou les plus difficiles à aborder.
Partant de Malancourt, Jouy ou Béthincaourt, il visita Consenvoye, Samogneux, Forges, Regnéville, Esnes, Montzeville, Recicourt, Brabant-en-Argonne,Brocourt et Rampont, Hautcourt, Marre, Pintheville, Dombasles, pour ne citer que les plus visitées.
A quels stratagèmes n’eut-il pas recours pour échapper aux gendarmes !
Souvent revêtu d’un sarrau gris, la tête recouverte d’un bonnet bleu à la manière des paysans, portant un fagot , une faux, déguisé en charretier ou en postillon avec un fouet ou en marchand d’encre et de craie, il passait inaperçu.
Il dormait dans des cachettes aménagées dans la paille le plus souvent, sous un escalier, dans un « cul de four » entre le ciel d’une alcôve et le plancher supérieur.
Un jour qu’il était pourchassé, il dut se cacher précipitamment dans un tas de foin où il reçut à la tête un coup de sabre d’un gendarme. Il échappa aussi à un faucheur qui le poursuivait en enlevant une planche qui servait de pont.
Il entra à Verdun dans une charrette de paille pour célébrer clandestinement la communion solennelle dans un grenier et, le lendemain, sortit de la ville dans une caisse enfouie dans un tombereau de fumier.
Deux gendarmes à cheval envoyés à sa poursuite furent repérés par une bonne paysanne de Montzeville qui se trouvait dans les champs. Apercevant L’abbé VIGNON, elle eut la présence d’esprit de simuler une violente colère. Prenant un bâton elle courut sur le prêtre en l’accablant d’invectives de toutes sortes : « te voilà encore vaurien, saoulard, ivrogne…. ». A la vue des cavaliers, il comprit tout de suite et fit semblant de marcher en zigzag.
Et les gendarmes continuèrent leur chemin, persuadés d’avoir assisté à une querelle de ménage.
Dans certains villages, et notamment à Béthincourt, les habitants avaient ouvert une communication de maison à maison sur toute la longueur de la rue principale pour permettre à un homme de s’échapper en cas de danger. La brèche dans chaque mur mitoyen était masquée avec du foin. Jean-François VIGNON a toujours bénéficié de la complicité des habitants qui refusaient les prêtres réfractaires imposés par le pouvoir d’alors.
En 1802 le Concordat fut signé et les églises furent réouvertes. L’abbé JF VIGNON est nommé curé de Malancourt le 21 janvier 1803. Après 20 ans de ministère, il fut nommé curé de la Cathédrale de Verdun et chanoine le 31 aout 1823 .
Il mourut pauvre le 6 novembre 1841 à l’âge de 76 ans.
Une plaque de marbre garde son souvenir dans le cloitre du Grand Séminaire de Verdun




D - La contribution de l'abbé Charles-François SIMONIN
L’abbé Charles-François Simonin prêtre de la paroisse d’Ecurey de 1862 à 1876 eut à cœur d’embellir l’église et d’en améliorer l’esthétique. Il voulut notamment percer une baie au fond du chœur pour rendre celui-ci plus lumineux et construire à droite du chœur une chapelle et une sacristie pour rétablir la symétrie de l’église. Il fut confronté à l’opposition du conseil municipal.
La chapelle de la Vierge et le vitrail de l’Assomption.
En mars 1866, l’Abbé Simonin sollicita de la municipalité l’autorisation d’élever une chapelle de la Vierge à droite du chœur, de construire une sacristie contigüe et de percer une baie centrale au fond du chœur.
Mais précédemment, il s’était opposé à la construction d’un local pour les pompes à incendie dans une partie du jardin du presbytère, car il existait un autre emplacement contre son jardin.
Le conseil municipal, furieux du refus de l’abbé refusa et laissa trainer les choses. Il donna cependant son accord dans une délibération du 28 mai 1871. Sentant les réticences, l’abbé Simonin s’engagea à payer la dépense sur ses propres deniers. Le devis et le plan des travaux fut établi par l’architecte diocésain Anune. La dépense s’élevait à 2100 Francs. Mais le 9 septembre suivant, une dépêche du Ministre de l’Intérieur faisait arrêter le projet. Le conseil municipal n’avait pas voulu affronter le curé directement mais avait alerté discrètement le ministre pour qu’il s’oppose au projet.
L’évêque de Verdun, Monseigneur Hacquard, soutenait son curé et affirmait que la population pratiquante, nombreuse aurait plus de place dans l’église et que l’église elle-même en serait embellie car elle serait plus symétrique.
Pour retirer l’autorisation, le ministre avait prétexté que la voute risquait de s’effondrer. De plus cette construction risquait, selon lui de recouvrir des tombes existantes dont celle de la mère du général Lardenois qui reposait là depuis 1795 et celle de la famille Aubry. Le ministre saisit le préfet qui renvoya l’affaire au conseil municipal qui la repassa au conseil de fabrique. Personne n’osait s’engager….
L’abbé Simonin restait seul. Il entreprit de répondre point par point à ses détracteurs.
Les finances : En 1866, il avait offert de contribuer pour 1000 Francs, la municipalité avait refusé car il ne payait pas toute la somme. En 1871, il avait offert de verser l’intégralité de la somme et il a essuyé encore un refus. C’était incompréhensible.
Le danger pour la voute : L’abbé Simonin a donné les exemples des églises de Morlaincourt et de Saint-Joire où l’on venait de construire des chapelles supplémentaires sans problème.
La superficie du cimetière : L’abbé Simonin a démontré que le cimetière devrait être déménagé d’ici environ 23 ans. Et il avait vu juste puis que le cimetière fut déménagé en 1895.
D’ailleurs ni la tombe Lardenois, ni la tombe Aubry ne furent touchées par les nouveaux aménagements.
Finalement les travaux seront effectués et les constructions inaugurées en 1873. Il aura fallu 7 ans pour mener le projet à son terme.
En souvenir de l’abbé Simonin
L’abbé Simonin fut enterré contre l’église pour laquelle il s’était donné tant de mal, avec cette épitaphe :
Au chevet de cette église restaurée et agrandie par ses soins repose M. Charles François Simonin curé d'Ecurey pendant 14 ans, prêtre zélé pour la gloire de Dieu, dévoué au salut des âmes et charitable pour les pauvres. Il s'est endormi dans le Seigneur le 17 avril 1876 à l'âge de 62 ans.
"Souvenez-vous de vos pasteurs qui vous ont prêché la Parole de Dieu et, considérant quelle a été la fin de leur vie, imitez leur Foi" Hebr.X.III
E - L'abbé SIMON - "Un des poilus"
Simon, Marie-Alfred-Gabriel, de Verdun.
Né à Landrecourt, le 21 février 1882 ; curé d’Ecurey.
Récupéré (Service Actif) 91° régiment d’infanterie (17 février 1915) ; 2° Section Infirmiers Militaires (24 avril 1915) ;
Caporal au Groupe de Brancardiers Divisionnaire/97 (1915) ;
Brigadier infirmier-aumônier. 6° Chasseurs d’Afrique (3 aout 1916) ; blessé (8 novembre 1918) ;
Sergent – Démobilisé le 18 mars 1919.
A été mêlé aux actions suivantes :
1915 : Champagne, Reims, La Pompelle ;
1916 : Bois le Prêtre ;
1917 Verdun ;
1918 : Soissons, St Mihiel, Rethel.
1° - Ordre 67° DI, n° 183, 20 mars 1917 :
« A volontairement accompagné un groupe du régiment opérant dans les lignes ennemies, et, après avoir assuré, pendant l’affaire, la liaison entre les groupes avec un sang-froid et un calme parfait, a ramené sous ,un violent tir de barrage un blessé mortellement atteint. »
2° - Ordre 61° DI, n° 918/D, 8 novembre 1918 :
« Gradé d’une énergie et d’un courage remarquables. Toujours volontaire pour les missions périlleuses. Bien que blessé grièvement devant le village de Boulzicourt, ne voulait pas se laisser évacuer. »
3° - Médaille Militaire, 16 juin (JO du 9 novembre 1920)
Médaille militaire et Croix de Guerre
En 1931, il est victime d'un accident de moto sur la route de Damvillers à Azannes (1,2 km d'Azannes), une croix a été érigée à l'endroit du drame.

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