ECUREY en VERDUNOIS
"Du haut du clocher"
LE PETIT TRAIN
Le petit train Montmédy-Verdun-Commercy
LA CONSTRUCTION ET LA MISE EN ROUTE
L’idée de créer une voie ferrée entre Montmédy, Verdun et Commercy ne se concrétisa qu’en 1914, quelques mois seulement avant la guerre.
Le projet initial, qui passait par Etain, fut interdit par l’autorité militaire « pour éviter de donner des facilités de transport à l’artillerie lourde ennemie dans l’optique d’un éventuel siège de nos places ».
Le 8 juillet 1901, le ministère de la guerre donna son accord pour un tracé rectifié par Ornes et Vaux-devant-Damloup.
Après de longues discussions et empoignades restées célèbres, concernant surtout le franchissement des côtes de Meuse pour rejoindre Verdun, une décision fut prise : le réseau coutera 8 840 000F soit 70 000F le kilomètre. Il sera raccordé avec le réseau de la Compagnie Meusienne.
Finalement c’est le département qui va s’occuper de la construction. Le contrat a été approuvé le 1er février 1912.
En 1913, les travaux vont bon train. La maison Boulicault de Verdun pose le ballast et les voies. Monsieur Houvion ouvre une ballastière à Damvillers. Les traverses sont fournies par la maison Plasson & Baudry de Chamalières.
Decauville fournit les 17 wagons voyageurs et la maison « les fils de Jules Weitz » à Lyon fournit 10 fourgons et 91 wagons marchandises.
Le 27 novembre 1913, M. Aubert, préfet de la Meuse, confie un réseau complètement équipé à la « Société générale des chemins de fer économiques »(S.E). La S.E n’eut à acquérir que les 12 locomotives (Decauville n° 3801 à 3812) pour 448 400 F. Certains travaux complémentaires (téléphones, maisons, clôtures…) restaient à la charge des départements.
LA GUERRE
Dès la mi-septembre 1914, la branche Sud du réseau fut coupée à Saint-Mihiel. Le matériel roulant (3 machines et une trentaine de wagons) se replia sur Commercy d’où il partit ensuite vers Bar-le-Duc.
Jusqu’en 1918, la partie de ligne comprise entre Apremont et Les Eparges resta aux mains des Allemands. Les stations d’Eix, Vaux, Fleury furent perdues par les Français, ainsi que toute la partie du Nord-Est de Verdun jusqu’à Montmédy.
Dès le 27 aout 1914, les Allemands ont utilisé le tronçon de Montmédy. Le chemin de fer construit en voie métrique (1 m d’écartement entre les voies) était propice au transport militaire. Les allemands ont renforcé le réseau car dès 1914, ils disposaient de 10 000hommes (Eisenbahntruppen) spécialisés dans la pose rapide de voies de 60 (60 cm d’écartement) faciles à démonter et à remonter au gré du besoin des troupes et sur lesquelles circulaient des plateformes sur lesquelles étaient transportés des matériels d’artillerie, du génie, des munitions ou des personnels.
C’est ainsi que des tronçons supplémentaires furent construits sur Romagne sous les côtes, Montmédy et Marville et qu'en 1916 le terminus fut amené à Ornes. Sur Azannes et sur Grémilly les Allemands utilisèrent la traction animale de nuit.
APRES LA GUERRE
La S.E remit le réseau en état et mit en service des automotrices Renault en 1923.
Mais malgré ces efforts et les importants travaux de remise à niveau des infrastructures entrepris à partir de 1924, l’exploitation ferroviaire cessa totalement en 1938.
En septembre 1932, sur le quai de la gare de Montmédy, des voyageurs, en partance pour la gare d'Ecurey-Peuvillers.


.png)




dessin d' André Lambotte
Marie-Odile Lambotte ( née Coupard ) avec sa grand-mère ...