ECUREY en VERDUNOIS
"Du haut du clocher"

Sur la commune d’Ecurey a également été trouvé un « bronze de Flavius Victor », pièce de monnaie frappée en 387-388. Cet objet déposé au Musée de la Princerie en 1885 a disparu aujourd’hui des collections.
Titulature avers : D N FL VIC-TOR P F AVG .
Description avers : Buste diadémé, drapé et cuirassé de Flavius Victor à droite vu de trois quarts en avant (A'a) ; diadème perlé .
Traduction avers : "Dominus Noster Flavius Victor Pius Felix Augustus", (Notre seigneur Flavius Victor pieux heureux auguste) .
Titulature revers : SPES RO-MA-NORVM// SCON .
Description revers : Porte de camp surmontée de deux tours et d'une étoile .
Traduction revers : “Spes Romanorum”, (L'Espérance des Romains) .

Epoque ancienne
Il est avéré que la région a été occupée dès l’époque romaine (peut-être même avant) notamment sur les sites de Senon (N-E de Verdun), Nasium ou Naix (Sud de Bar le Duc) et Montmédy (Nord de Verdun). Il y a également un lieu-dit « camp des romains » au S-O de Damvillers et de fortes présomptions dans d'autres localités alentours. Les sites répertoriés étaient le plus souvent occupés par des garnisons, des postes de gardes ou d’observation dans cette région instable.
Quelques vestiges de l’époque romaine ont été retrouvés sur place (poterie, briques rouges, des fragments de « tegulae » ou tuiles) comme dans de nombreux sites en Gaule romaine. La thèse de la présence d’une véritable villa romaine doit être prise avec précaution car il n’existe, à ce jour, aucune trace tangible de ce type de construction (une villa romaine était forte de plus de 100 personnes et ses bâtiments occupaient un terrain de 150 m sur 200 m environ). Peut-on alors penser que le développement de bâtiments de type « villa rustica », totalement centrée sur la vie agricole, d’une configuration plus simple et souvent construite avec des matériaux moins solides, puisse être envisagé ?
Des légionnaires ont pu bénéficier de plusieurs « jugera » (30 fois 20 ares de terre pour un fantassin) et développer localement des bâtiments agricoles ou des granges au profit des garnisons (élevages, cultures)
L’appréciation de l’importance de la présence gallo-romaine sur Ecurey peut se faire à partir du livre de Franck Mourot, Carte archéologique de la Gaule; la Meuse 200,1 p.249.



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Il signale notamment qu’un bâtiment gallo-romain (établissement rural ?) se trouve sur la terrasse bordant la rive droite du Harbon. Il rapporte également la découverte en 1980 par L. Collin de moellons et de céramiques antiques ainsi que de scories (non datées). Est également mentionnée l’existence d’un mégalithe utilisé comme borne de l’ancien comté de Verdun et dénommé « Pertusa petra » dans le « Virdunensis comitatus limites». Ce mégalithe est situé au lieu-dit la Borne trouée à la limite communale avec Lissey. Des fragments de tegulae et un tesson de sigillée (céramique) ornée ont été trouvés au XIXème siècle.
Dans le bois d’Ecurey des ouvriers forestiers auraient découvert en 1855 une tombe mérovingienne où se trouvait notamment une boucle de ceinture longtemps conservée au Musée du Barrois mais aujourd’hui disparue.
Récemment la pose de panneaux routiers dans le bas du village a mis au jour, le temps des travaux, les traces tangibles, à 80 cm de profondeur, d'un mur en brique pouvant être de la période gallo-romaine.
Le développement s’est accéléré au cours des périodes un peu plus calmes notamment à partir des 7° et 8° siècles à l’époque mérovingienne. Luitwin, seigneur mérovingien qui a fondé l'abbaye de Mettlach (Evêché de Trèves), envoie dans la région des moines pionniers qui assèchent les marais, défrichent les terrains, créent des oratoires et des prieurés. Ils procèdent ainsi à l’aménagement de la Thinte, zone de marais (Palus en latin). Il est possible que les zones attenantes au Harbon aient bénéficié de cette opération.
Epoque médiévale
En 1337, la frontière entre le Verdunois et le Comté de Chiny est établie le long du cours du Harbon. Le territoire d’Ecurey est alors amputé de la partie située sur la rive gauche du Harbon. Celle-ci est alors rattachée à Lissey qui appartient alors au comté de Chiny et devient la Petite Lissey. Ecurey, pour sa part, a toujours été sous l’autorité temporelle de l’évêché de Verdun. Cette frontière ancienne explique la limite communale actuelle.
« Le 6 février 1337. Après Geoffroy dit Ysoreis ce fut Geoffroy de Basey qui fut prieur de la communauté monastique de Chiny. Un accord fut fait entre ce prieur et le curé de la paroisse de Chiny (vers 1340). L’accord règle les attributions du curé et les revenus destinés à pourvoir à son entretien en fixant l’étendue du prieuré précisant les limites avec le chapitre de Verdun notamment. Ce fut le Harbon (limite de chasse) qui fut choisi comme limite. C’est ainsi que la partie d’Ecurey située rive gauche du Harbon fut appelée « la Petite Lissey » bien que faisant partie du village-tas d’Ecurey avec en son milieu la chapelle féodale. » (Archives départementales de la Moselle A.E. fonds Saint Arnoul H147-4).
Il semblerait qu’après avoir été construit en village-tas à l’emplacement de l’église actuelle, Ecvurey se soit par la suite étendu pour devenir un village-rue, notamment sur la route de Haraumont vers la « grande montagne » (ce nom de « grande montagne » peut venir de l’altération du mot gran-montagne - ou montagne à grains - tant le sol y était fertile).
Ecurey a eu également à souffrir en 1380 du conflit entre le Chapitre de Verdun et Béatrice de Bourbon, douairière de Damvillers

Epoque moderne
Au temporel Le village fait partie du Verdunois, terre du chapitre, baillage de Verdun. Il est soumis à la justice des chanoines du Chapitre de Verdun qui jugent selon la coutume de Sainte Croix (du nom de la Collégiale Sainte Croix de Verdun). L’ordre public est assuré par la Prévôté de Merles.
Au spirituel, il est rattaché au Diocèse de Verdun, archidiaconé de La Princerie, doyenné de Chaumont et il avait Peuvillers en annexe. En 1750 les revenus de la cure sont assurés par la portion congrue. Le chapitre de la Cathédrale de Verdun est décimateur.
Ecurey est rattaché au Royaume de France en 1552 quand le Roi Henri II occupa les Trois-Evêchés, Metz, Toul et Verdun.

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Ecurey bénéficie de la fondation du Chanoine Jean Hennequin : Dans son testament du 3 octobre 1725, celui-ci donne à perpétuité sa maison de Verdun et, sur cette maison, une rente annuelle de 150 livres pour doter une fille pauvre sage et à marier choisie alternativement à Verdun et dans l’un des villages qui est alors terre du chapitre.
La révolution de 1789 va amener de profonds changements.
En 1790, Ecurey est inclus dans le district de Stenay et le département de la Meuse. Il appartient d’abord au canton de Jametz puis devient en 1793 chef-lieu de canton. En 1791 Ecurey compte 126 citoyens actifs et en 1804, 507 habitants.
Les terres et les prés de la cure sont vendus le 21 février, 1791,la vente des biens de la Fabrique eut lieu le 22 novembre 1791 et le 2 pluviose an II (21 janvier 1794).
La vie publique est troublée sous la Convention.
Comme de nombreuses abbayes, l'abbaye d'Orval est canonnée, pillée et saccagée par les troupes révolutionnaires auxquelles se mêlent la plupart du temps des habitants des localités de la région ......

Des prêtres réfractaires à la constitution civile du clergé doivent se cacher pour exercer leur ministère.
L'histoire de certains d'entre eux est évoquée plus en détail dans la rubrique "Prêtres liés à Ecurey".
Le calme ne revient que sous le Consulat. En 1801, Ecurey appartient au canton de Damvillers. Le village perd le canton mais dispose d’un juge de paix et d’un percepteur.
Placé sur la route Vilosnes-Merles, Ecurey connait un important développement pendant la première moitié du XIXème siècle. Le village compte 609 habitants en 1809 et 692 en 1851. Ils se consacrent à la culture (317 ha de terres labourables), à la culture de la vigne (34 ha), et à l’exploitation de la forêt (234 ha). Des artisans travaillent le bois, font de la ferronnerie et du tissage, fabriquent des chaussures ( Chaussures André), deux études de notaire fonctionnent depuis le XVIIIème siècle. Le Harbon fait fonctionner une huilerie et un moulin.
En 1870 les habitants de La Petite Lissey obtiennent le droit de recevoir les sacrements dans l’église d’Ecurey (ordonnance épiscopale du 30 juin 1870).
La révolution industrielle et la Guerre de 14-18 font diminuer sensiblement la population ; de 468 habitants en 1884 on passe à 400 en 1900. En 2011, Ecurey compte environ 140 habitants.
Ce n’est qu’en 1938 qu’Ecurey est devenu Ecurey en Verdunois.
Les guerres qui ont profondément meurtri la région au XX° siècle ne sont pas oubliées dans nos mémoires mais ne sont pas l’objet de ce site.
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