ECUREY en VERDUNOIS
"Du haut du clocher"
Par les rues
Dans le village-rue, les maisons sont serrées les unes contre les autres. L’espace en façade est alors réduit et la maison est tout en profondeur avec, à la suite, le jardin s’étendant vers les côtes.
Les toitures ont peu de pente.
Pour éclairer les pièces, on a installé des flamandes, puits de lumière avec sur le toit une pyramide de verre (ferronnerie et verre) destinés à éclairer la cuisine le plus souvent. Une flamande était un signe d’une certaine aisance.
Seuls les gens aisés pouvaient en effet payer l’artisan en ferronnerie qui construisait cette flamande. Certains propriétaires, ont aujourd’hui choisi de supprimer cette flamande, parfois source de gouttière, et de miser sur la lumière électrique. Cependant il existe dans le village un circuit fléché et balisé qui permet d’admirer les 11 flamandes qui ont été conservées ou refaites.
Devant chaque maison se trouve l’usoir, terrain communal qui pouvait être utilisé pour mettre le fumier. On y tuait le cochon, on sciait, on déposait toutes sortes de matériaux.
Maintenant on y voit des voitures, du bois, des plantations florales. Il est interdit de construire en dur sur cet emplacement. Les portes de granges sont devenues des entrées de garage.
Dans le haut du village, se trouve le Monument aux morts de 1914-1918. Ce monument a été inauguré le 20 juillet 1924. Parmi les personnalités présentes, on peut citer Monsieur le Sous-Préfet de Montmédy et Monsieur Simonin maire d’Ecurey. Une Messe a précédé cette cérémonie. Tout le village était là, y compris l’instituteur avec tous ses élèves . Il y avait même des habitants des villages voisins. La présence de la fanfare rehaussa cet évènement.
Ci joint d'autres images plus récentes.
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A côté du Monument aux morts, le lavoir mérite l’attention. Cette solide construction se trouve à l’emplacement de l’ancien four banal (endroit où les gens du village venaient faire cuire leur pain moyennant redevance) qui a disparu sous la révolution. La construction de ce lavoir a nécessité l’achat par la commune de trois maisons et d’un jardin .Une enquête commodo et incommodo (avantages et inconvénients) a donc été préalablement menée auprès des habitants en 1865 comme le rapporte le procès-verbal ci-dessous :
Aujourd’hui, jour de dimanche 19 février de mil huit cent soixante-cinq à huit heures du matin en salle de mairie de la commune d’Ecurey, nous, Garré Jean-Baptiste, instituteur de la commune de Lissey, chargé par Mr le Sous-Préfet de cette arrondissement suivant son arrêté du dix février courant, de procéder conformément aux dispositions de l’article 7 du décret du 15 octobre 1810, à une enquête de commodo et incommodo relativement à l’acquisition par la commune d’Ecurey sur les Srs Laminette (Jean-Louis), Colson (Claude) et Melle Léger (Marie-Catherine) suivant actes provisoires passés entre eux et la commune, le vingt-six décembre dernier de trois maisons dites le grand four occupant le milieu de la grand-rue du village d’Ecurey et d’un jardin, au lieu-dit la Hativelle, aussi dans le village d’Ecurey, dépendant des dites maisons dont l’emplacement doit servir à la construction d’un lavoir public et au redressement de la principale rue du village.
Par les soins de Mr le Maire et conformément à l’instruction de Mr le Préfet de la Meuse, en date du 18 septembre 1825, la dite enquête a été annoncée huit jours à l’avance à son de caisse et par voie d’affiches placardées aux lieux accoutumés afin que les intéressés ne puissent en ignorer et que cette publicité autorise à compter le silence des absents comme un vote affirmatif.
Après avoir invité une dernière fois aujourd’hui à son de caisse, les habitants de la commune à comparaitre devant nous de huit heures du matin à quatre heures du soir pour exprimer leur vœu sur le projet dont il s’agit.
Avons ouvert le présent procès-verbal et lecture faite aux personnes présentes du préambule ci-dessus, nous avons procédé à la réception des déclarations lesquelles nous ont été faites individuellement et successivement ainsi qu’il suit :
(Liste des participants au vote)
Personne ne s’étant plus présenté et attendu que l’heure choisie pour la clôture de l’information est expirée, nous avons relevé les résultats obtenus de la manière suivante :
Nombre des habitants qui se sont présentés : 99
Nombre des habitants qui se sont prononcés contre le projet : 1
Nombre des habitants qui se sont prononcés en faveur du projet : 98
Ensemble des conseillers municipaux qui ont sanctionné l’acquisition : 11
Et les vendeurs au nombre de : 3
113
Il résulte que sur cent soixante-seize habitants composant la communauté d’Ecurey, cent douze se sont prononcés en faveur du projet.
Deux rues ayant environ 600 mètres de longueur composent en grande partie le village d’Ecurey. Ces rues offrent un aspect assez agréable et sont bien dégagées, si ce n’est à l’endroit où se trouve ce pâté de trois maisons dont l’acquisition est projetée. Ici les maisons ne reçoivent qu’un jour sombre. Le chemin vicinal, outre qu’il manque de largeur, forme une courbe des plus désagréables. La destruction de ces trois maisons procurerait la salubrité dans cette partie du village, redresserait le chemin vicinal et lui donnerait une largeur convenable ; elle procurerait aux habitants et aux voyageurs l’agrément d’embrasser d’un coup d’œil toute l’étendue du village. De plus, le jardin dépendant de ces maisons est absolument indispensable pour l’emplacement et la construction d’un grand lavoir public.
D’après ces considérations, nous sommes d’avis qu’il y a lieu d’autoriser l’acquisition de ces immeubles par la commune.
De tout quoi nous avons dressé et clos le présent procès-verbal à cinq heures du soir les jours, mois et an d’autre part et avons signé.
GARRE
Le lavoir fut construit par M. Chenet, de Villécloye, comme en témoigne l’extrait du procès-verbal de réception définitive conservé aux Archives départementales de la Meuse (cote 2 O 415) :
Procès-verbal de réception définitive des ouvrages exécutés au compte de la commune d’Ecurey d’un lavoir et de quatre abreuvoirs par le sieur Chenet François entrepreneur demeurant à Villécloye en vertu de l’adjudication passée le 26 mai 1866.
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